|
La
pollution atmosphérique et
la communication chimique chez les insectes :
Connaissances
et perspectives
David Marchand
(Texte soumis en 1999 pour
le concours de rédaction scientifique d’Antennae)
Depuis
le début du 20e siècle, les activités humaines croissantes n'ont
cessé de faire augmenter la pollution, et ceci dans tous les milieux. La libération
de produits industriels polluants sous forme gazeuse et la déforestation à
grande échelle ont contribué à modifier qualitativement et quantitativement
les composés chimiques atmosphériques.
Chez
les insectes, les comportements (p. ex. alimentaires, reproducteurs, défensifs
et sociaux) sont souvent induits par des informations chimiques (Alcock, 1984).
Or, depuis la production et l'émission de ces substances chimiques par un
individu “émetteur” jusqu'à leur réception et leur intégration au niveau
du système nerveux d’un individu “receveur”, les changements
physico-chimiques produits par la pollution humaine peuvent perturber ce
processus de communication chimique. Jusqu'à ce jour, très peu d'études se
sont intéressées à cet aspect. Cependant, avec la littérature traitant de
l'impact des polluants sur les conditions environnementales et les connaissances
acquises sur les effets de certains facteurs biotiques et abiotiques sur la
communication chimique, il est possible de mesurer l'importance du rôle joué
par la pollution sur la dynamique de population par ce processus de
communication chimique.
Les effets directs de la pollution atmosphérique sur la communication chimique
De
nombreuses études ont mis en évidence l'effet de polluants atmosphériques
tels que l'ozone, le SO2 ou le CO2 sur les interactions plantes-insectes. Les
modifications engendrées sont souvent en faveur des insectes herbivores (Hughes
et al., 1982; Trumble et al., 1987; Jones et Coleman, 1988; Holopainen et al.,
1991; Holopainen et al., 1995).
Après
un stress telle une exposition aux radiations, aux pesticides, aux polluants
atmosphériques ou une déficience nutritionnelle, les plantes deviennent généralement
une meilleure source de nourriture pour les insectes herbivores, dans la mesure
où ce stress entraîne une augmentation d'azote total disponible dans les
tissus végétaux (White, 1984). Cette meilleure qualité nutritive de la plante
ne se traduit cependant pas forcément par un meilleur développement de
l'herbivore, car la plante va, en réaction à un taux d'attaque plus élevé,
produire des substances chimiques secondaires pouvant affecter la survie
larvaire (Paine et al., 1993). Les dommages structuraux au niveau de la membrane
foliaire, causés par des polluants atmosphériques (p. ex. ozone, pluies
acides), entraînent une augmentation des défenses chimiques produites par
certaines plantes (Dercks et al., 1990; Jordan et al., 1991).
Les
polluants atmosphériques peuvent également interagir directement avec les
substances chimiques produites par les plantes en modifiant leurs caractéristiques
physico-chimiques. Par exemple, l'oléorésine, principal facteur de la résistance
des arbres face aux insectes, est un composé dont certaines caractéristiques
physiques semblent être déterminées génétiquement alors que d'autres sont
sensibles aux changements environnementaux (Hanover, 1975). Or, la pollution
atmosphérique provoque un changement dans la composition de l'oléorésine chez
les conifères (Huttunen, 1984).
La
pollution peut perturber la libération des composés chimiques par les plantes
en agissant également au niveau des sites d'émission. Face au stress provoqué
par les polluants atmosphériques, les premières structures exposées sont les
stomates et les cellules gardes (Malhotra et Khan, 1984). La libération de
substances volatiles se fait normalement à travers les stomates. Or, il a été
constaté à plusieurs reprises qu'une exposition à l'ozone et aux pluies
acides provoquait une fermeture, au moins partielle, des stomates (Malhotra et
Khan, 1984; Cannon, 1990). Les plantes, en se protégeant contre les polluants
atmosphériques (qui pénètrent par les stomates et s'accumulent dans
l'organisme), modifient ainsi leur patron d'émission et, par la même occasion,
la communication chimique entre une plante et un herbivore.
Si
les polluants atmosphériques affectent ainsi le comportement alimentaire des
herbivores à la suite d’une modification des caractéristiques
physico-chimiques des plantes (éléments nutritifs, éléments de défense et
émission de substances chimiques), ils jouent également un rôle dans le
comportement reproducteur des insectes. Ainsi, Jones et Coleman (1988) ont mis
en évidence que, si les adultes et les larves du coléoptère Plagtodera
versicolora (Coleoptera : Chrysomelidae) mangent préférentiellement des
plants de coton préalablement exposés à de fortes concentrations d'ozone, les
femelles préfèrent cependant pondre sur les plants non exposés. Chez
certaines espèces, au contraire, les polluants peuvent agir en synergie avec
les signaux chimiques normalement utilisés par les femelles pour choisir un
site de ponte. Les femelles gravides du moustique Culex quinquefasciatus (Diptera
: Culicidae) préfèrent, par exemple, pondre au niveau d'une eau polluée où
les produits du métabolisme microbien sont des substances attractives au même
titre que la phéromone d'oviposition habituellement produites par les femelles
(Blackwell et al., 1993).
Très
peu d'études démontrent l'action directe des polluants sur les molécules
chimiques synthétisées dans le règne animal. Cependant, ces signaux sont en général
libérés dans l'atmosphère et entrent en contact avec les émissions anthropogéniques.
Arndt (1995) a mis en évidence que l'ozone dégrade la phéromone d'agrégation
de Drosophila melanogaster (Diptera : Drosophilidae). Si, à l'heure
actuelle, on ne peut généraliser ces résultats à d'autres informations
chimiques ou à d'autres espèces, force est de constater que la pollution
atmosphérique pourrait avoir des conséquences graves et directes sur la
communication chimique entre les individus.
Effets indirects de la pollution sur la communication chimique
Il
semble que les principaux effets des polluants atmosphériques sur les
populations d'insectes soient indirects et affectent moins les parasitoïdes et
les prédateurs que les herbivores (Whittaker et Warrington, 1990). Cependant,
dans certains cas, le taux de parasitisme d'herbivores est inversement
proportionnel à la concentration en SO2 atmosphérique (Whittaker et
Warrington, 1990). Selon ces auteurs, le taux de croissance plus rapide de la
population d'herbivores à des concentrations en SO2 plus élevées leur
permettrait d'échapper au contrôle des parasitoïdes. Ainsi, même si la
pollution n'a pas d'effet direct sur la capacité à parasiter ou à attaquer
une proie, le fait qu'elle agisse sur le taux de croissance et la dynamique de
population de l'hôte peut réduire la fenêtre d'action (p. ex. la perception
des substances chimiques émises par l'hôte ou la proie) des parasitoïdes et
des prédateurs.
La
perception et l'évitement des polluants sont des réponses que l'on observe
dans de nombreux taxa (Sheehan, 1984). Si certains individus sont ainsi
capables, par des indices chimiques, d'éviter une proie ou un hôte pollué,
cela leur confère l'avantage de ne pas incorporer ces polluants dans leur
organisme (effet direct). Le fait de percevoir et d'éviter des polluants peut
aussi provoquer des changements dans la dynamique des populations. Ceci entraîne
alors une diminution de la communication chimique entre, par exemple, un prédateur
et sa proie si cette dernière a tendance à éviter un environnement pollué
(effet indirect).
En
perturbant la distribution des populations dans un milieu, la pollution peut
amener des espèces animales à modifier leur comportement alimentaire (p. ex.
en consommant les plantes moins susceptibles aux polluants) (Sheehan, 1984). Or,
la diète pourrait avoir des effets sur la qualité et la quantité des précurseurs
de signaux chimiques (Delisle et Bouchard, 1995). Ainsi, les composés chimiques
retrouvés dans les coremata (organes sécréteurs de phéromone) des mâles dépendent
de la qualité de la diète larvaire (Krasnoff et Roelofs, 1989). De plus, chez
certaines espèces, le mâle transfère à la femelle, durant l'accouplement,
des alcaloïdes pyrrolizidines (provenant de la diète) qui sont ensuite
incorporés dans les œufs (Dussourd et al., 1988), ce qui affecte la chimie des
coremata de sa progéniture mâle (Krasnoff et Roelofs, 1989). Par conséquent,
non seulement les polluants, en modifiant le passé alimentaire d'un mâle,
agissent sur la qualité de sa phéromone mais cet effet peut également
persister à travers les générations.
Enfin,
la pollution, en affectant d'autres comportements (comme la capacité à se déplacer),
pourrait également perturber la communication chimique dans la mesure où
l'individu receveur doit parfois se
diriger sur de longues distances pour trouver la source chimique. Ceci est
d'autant plus vrai si l'on prend en compte le fait que les polluants atmosphériques
entraînent une diminution de la durée d'efficacité d'un signal chimique (Averill
et al. 1987; Ardnt, 1995).
Les
conditions climatiques jouent un rôle important dans la communication chimique
entre les individus et ceci, aussi bien au niveau de l'émission et la réception
de signaux chimiques qu'au niveau des réponses comportementales (McNeil, 1991).
Or, plusieurs polluants atmosphériques ont des effets directs sur le climat.
Depuis le début du 20e siècle, la concentration du CO2 atmosphérique est en
augmentation constante du fait de nombreuses activités humaines notamment le brûlage
des combustibles fossiles et la déforestation (Freedman, 1995). L'un des
principaux effets d'une augmentation de CO2 atmosphérique est un réchauffement
global au niveau de la surface de la Terre. Les estimations les plus réalistes
indiquent que cette augmentation serait de 1,5 à 3,0°C d'ici à l'an 2100 (Wigley
et Raper, 1992). Or, il est généralement reconnu que la régulation de la température
au niveau du système nerveux est importante pour l'intégration des
informations sensorielles (May, 1985). D'autre part, plusieurs études chez des
Lépidoptères ont mis en évidence que les conditions thermiques durant le
cycle vital d'un individu (au stade larvaire ou adulte) peuvent avoir des conséquences
importantes sur sa capacité à émettre ou à capter et intégrer les signaux
chimiques (Baker et Cardé, 1979; Castrovillo et Cardé, 1979; Turgeon et McNeil,
1983; Deslisle, 1992; Royer, 1993). Ainsi, du point de vue évolutif, nous
pouvons considérer que ce “faible” réchauffement planétaire en raison des
émissions polluantes aura des effets à long terme sur les processus de
communication chimique chez les insectes.
L'augmentation
de CO2 atmosphérique a aussi des répercussions sur le taux de précipitations
liquides (Freedman, 1995) et donc sur le taux d'humidité relative au niveau de
certaines niches écologiques. Comme la température, l'humidité relative peut
aussi affecter, chez plusieurs espèces d’insectes, le comportement d'appel (émission
d’une phéromone sexuelle) des femelles et la réceptivité des mâles ainsi
que leur capacité à s'orienter vers la source de phéromone (Royer et McNeil,
1991). Les précipitations jouent aussi un rôle important dans des processus de
communication chimique au cours desquels des substances hydrosolubles, telles
que les phéromones de marquage, sont utilisées et dont la durée de vie est réduite
par la pluie (Quiring et McNeil, 1984; Averill et Prokopy, 1987).
La
pollution agit également sur la photosynthèse, mais son effet varie en
fonction du type de polluant, de sa concentration et de sa durée d'action. De
courtes expositions à de faibles concentrations de SO2 stimulent généralement
la photosynthèse chez un certain nombre de plantes. Dans la plupart des cas,
cependant, de fortes concentrations en SO2 ou de longues expositions à de
faibles concentrations inhibent la photosynthèse (Malhotra et Khan, 1984).
D'autres polluants tels que NO, NO2, O3 et les HF (fluorides sous forme gazeuse)
peuvent également entraîner une baisse de la photosynthèse. La pollution, en
modifiant la disponibilité des nutriments et la photosynthèse chez les
plantes, agit indirectement au niveau de leur capacité à produire des
substances défensives (Bryant et al, 1983). Ceci a, bien sûr, des répercussions
sur la communication chimique entre un herbivore et sa plante hôte.
Impacts à court et à long termes de la pollution sur la communication chimique
Les
effets des polluants atmosphériques sont de deux ordres. On peut tout d'abord
constater des dommages intenses résultant de l'action de fortes concentrations
de gaz sur une courte période de temps. On note également des dommages
chroniques lorsque de faibles concentrations de polluants gazeux agissent pour
une longue période de temps. Ce phénomène touche aussi bien le règne végétal
(Bialobok, 1984) que le règne animal (Sheehan, 1984).
Les
dommages intenses vont agir directement au niveau cellulaire et vont altérer
les processus physiologiques et biochimiques d'un organisme. Ainsi, à court
terme, la pollution peut avoir un impact important sur la communication
chimique, notamment en altérant les mécanismes de production, d'émission et
de réception d'une substance chimique. Cette action des polluants à forte
concentration agit donc essentiellement sur les individus d'une ou de quelques générations.
Les
dommages chroniques vont plus particulièrement conduire à une réduction de la
taille et à une augmentation du temps de développement des plantes et des
animaux. Ces effets peuvent résulter en une disparition totale et définitive
de certaines espèces dans une niche écologique. À la suite d’une
modification importante des conditions environnementales, la flexibilité des
individus à réagir à de nouvelles informations chimiques est mise à l’épreuve,
comme pour trouver une autre ressource alimentaire, mais aussi pour communiquer
avec ses co-spécifiques puisque la diète peut avoir un effet sur la
composition phéromonale. Si cette flexibilité à établir une
"nouvelle" communication chimique est faible, deux scénarios sont
envisageables. Le premier serait la disparition pure et simple de la population.
La deuxième possibilité serait la migration de certaines espèces afin d'éviter
les effets de la pollution et de trouver son alimentation “habituelle” dans
un autre endroit.
Si
la pollution peut avoir des effets sur le régime de précipitations, la réciproque
est également vraie. Lors d'expériences sur le puceron Euceraphis betulae (Homoptera :
Drepanosiphidae), Neuvonen et Lindgren (1987) ont constaté que lorsque les précipitations
étaient en dessous de la normale, les traitements acides n'avaient pas d'effet
alors que lorsque les précipitations étaient au-dessus de la normale, le
traitement acide augmentait la qualité du feuillage de la plante hôte pour les
pucerons. Par conséquent, il existe une interaction très étroite entre
l'effet des pluies acides et les facteurs environnementaux (climatiques).
L'impact
de la pollution sur la communication chimique est donc très vaste. Il varie en
fonction de la concentration de polluants dégagés, leur durée de vie, mais
aussi en fonction des conditions environnementales telles que les pluies ou
encore les vents dominants qui contribuent à élargir le champ d'action des
polluants atmosphériques.
Conclusion
Chez
la plupart des insectes, les comportements alimentaires et reproducteurs sont
largement influencés par des sémiochimiques libérés dans l'environnement. Il
n'est donc pas étonnant de constater que les émissions polluantes produites
par l'homme puissent directement agir sur ce processus de communication.
Si
les preuves de l'effet direct des polluants atmosphériques sur la communication
chimique restent encore peu nombreuses, force est de constater que ces premières
recherches démontrent que des polluants sont capables de dégrader des signaux
chimiques (p. ex. les phéromones) et d'influencer le taux d'émission ainsi que
la capacité à recevoir et intégrer ces substances. Ces effets directs
doivent, à l'avenir, être étudiés plus précisément car ils jouent, à n'en
pas douter, un rôle prépondérant dans la dynamique des populations
d'insectes.
La
pollution peut avoir des effets importants sur la communication chimique aussi
bien à court terme qu'à long terme. Ceci laisse présager que la capacité des
individus à percevoir et éviter la pollution mais aussi leur flexibilité à répondre
à de “nouveaux” signaux chimiques sont des critères importants pour la sélection
d'individus qui persisteront dans un environnement de plus en plus pollué.
Références
Alcock,
J. 1984. Animal Behavior: An Evolutionary Approach. 3e Ed. Sinauer Associates.
Massachussets.
Arndt,
U. 1995. Air pollutants and pheromones - a problem? Chemosphere 30 :
1023-1031.
Averill,
A.L. et Prokopy, R.J. 1987. Residual activity of oviposition-deterring pheromone
in Rhagoletis pomonella (Diptera: Tephritidae) and female response to infested
fruit. J. Chem. Ecol. 13 : 167-177.
Averill,
A.L., Bowdan, E.S. et Prokopy, R.J. 1987. Acid rain affects egg-laying behavior
of apple maggot flies. Experientia 43 : 939-942.
Baker,
T.C. et Cardé, R.T. 1979. Endogenous and exogenous factors affecting
periodicities of female calling and male sex pheromone response in Grapholitha
molesta (Busck). J. Insect Physiol. 25 : 943-950.
Bialobok,
S. 1984. Controlling atmospheric pollution, p. 451-478. In M. Treshow (éd.),
Air pollution and plant life. John Wiley & Sons Ltd, Toronto.
Blackwell,
A., Mordue (Luntz), A.J., Hansson, B.S., Wadhams, L.J. et Pickett, J.A. 1993. A
behavioural and electrophysiological study of oviposition cues for Culex
quinquefasciatus. Physiol. Entomol. 18 : 343-348.
Bryant,
J.P., Stuart Chapin, F. et Klein, D.R. 1983. Carbon/nutrient balance of boreal
plants in relation to vertebrate herbivory. Oikos 40 : 357-368.
Cannon,
W.N., Jr. 1990. Olfactory response of eastern spruce budworm larvae to red
spruce needles exposed to acid rain and eleveted levels of ozone. J. Chem. Ecol.
16 : 3255-3261.
Castrovillo,
P.J. et Cardé, R.T. 1979. Environmental regulation of female calling and male
response periodicities in the codling moth (Laspeyresia pomonella). J. Insect
Physiol. 25 : 659-667.
Delisle,
J. 1992. Age related changes in the calling behaviour and the attractiveness of
obliquebanded leafroller virgin females, Choristoneura rosaceana, under
different constant and fluctuating temperature conditions. Entomol. Exp. Appl.
63 : 55 -62.
Delisle,
J. et Bouchard, A. 1995. Male larval nutrition in Choristoneura rosaceana (Lepidoptera:
Tortricidae) : an important factor in reproductive success. Oecologia 104 :
508-517.
Dercks,
W., Trumble, J. et Winter, C. 1990. Impact of atmospheric pollution on linear
furanocoumarin content in celery. J. Chem. Ecol. 16 : 443-454.
Dussourd,
D.E., Ubik, K., Harvis, C., Resch, J., Meinwald, J. et Eisner, T. 1988.
Biparental defensive endowment of eggs with acquired plant alkaloid in the moth
Utethesia ornatrix. Proc. Natl. Acad. Sci. 85 : 5992-5996.
Freedman,
B. 1995. Environmental ecology: The ecological effects of pollution, disturbance,
and other stresses, 2e éd. Academic Press, San Diego.
Hanover,
J.W. 1975. Physiology of tree resistance to insects. Annu. Rev. Entomol. 20 :
75-95.
Holopainen,
J.K., Kainulainen, E., Oksanen, J., Wulff, A. et Karenlampi, L. 1991. Effect of
exposure to fluoride, nitrogen compounds and SO2 on the numbers of spruce shoot
aphids on Norway spruce seedlings. Oecologia 86 : 51-56.
Holopainen,
J.K., Kainulainen, P. et Oksanen, J. 1995. Effect of gaseous air pollutants on
aphid performance on Scots pine and Norway spruce seedlings. Water Air Soil
Pollut. 85 : 1431-1436.
Hughes,
P.R., Potter, J.E. et Weinstein, L.H. 1982. Effects of air pollution on
plant-insect interactions: Increased susceptibility of greenhouse-grown soybeans
to the Mexican bean beetle after plant exposure to SO2. Environ. Entomol. 11 :
173-176.
Huttunen,
S. 1984. Interactions of disease and other stress factors with atmospheric
pollution, p. 321-356. In M. Treshow (éd.), Air pollution and plant life. John
Wiley & Sons Ltd, Toronto.
Jones,
C.G. et Coleman, J.S. 1988. Plant stress and insect behavior : Cottonwood, ozone
and the feeding and oviposition preference of a beetle. Oecologia 76 :
51-56.
Jordan,
D.N., Green, T.H., Chappelka, A.H., Lockaby, B.G., Meldahl, R.S. et Gjerstad,
D.H. 1991. Response of total tannins and phenolics in loblolly pine foliage
exposed to ozone and acid rain. J. Chem. Ecol. 17 : 505-513.
Krasnoff,
S.B. et Roelofs, W.L. 1989. Quantitative and qualitative effects of larval diet
on male scent secretions of Estigmene acrea, Phragmatobia filiginosa, and
Pyrrharctia isabella (Lepidoptera: Arctiidae). J. Chem. Ecol. 15 :
1077-1093.
Malhotra,
S.S. et Khan, A.A. 1984. Biochemical and physiological impact of major
pollutants, p. 113-157. In M. Treshow (éd.), Air pollution and plant life. John
Wiley & Sons Ltd, Toronto.
May,
M.L. 1985. Thermoregulation, p. 507-552. In G.A. Kerkut et L.I. Gilbert (éds.),
Comprehensive Insect Physiology, Biochemistry, and Pharmacology, Vol 4. Pergamon
Press, New York.
McNeil,
J.N. 1991. Behavioral ecology of pheromone-mediated communication in moths and
its importance in the use of pheromone traps. Annu. Rev. Entomol. 36 :
407-430.
Neuvonen,
S. et Lindgren, M. 1987. The effect of simulated acid rain on performance of the
aphid Euceraphis betulae (Koch) on silver birch. Oecologia 74 : 77-80.
Paine,
T.D., Redak, R.A. et Trumble, J.T. 1993. Impact of acidic deposition on Encelia
farinosa gray (Compositae: Asteraceae) and feeding preferences of Trithabda
geminata Horn (Coleoptera: Chrysomelidae). J. Chem. Ecol. 19 : 97-105.
Quiring,
D.T. et McNeil, J.N. 1984. Intraspecific competition between different aged
larvae of Agromyza frontella (Rondani) (Diptera: Agromyzidae): advantages of an
oviposition-deterring pheromone. Can. J. Zool. 62 : 2192-2196.
Royer,
L. 1993. Effets de divers facteurs biotiques et abiotiques sur la reproduction
de la pyrale du maïs, Ostrinia nubilalis (Hbn.). Thèse Ph.D. Université
Laval. Québec.
Royer,
L. et McNeil, J.N. 1991. Changes in calling behaviour and mating success in the
European corn borer (Ostrinia nubilalis), caused by relative humidity. Entomol.
Exp. Appl. 61 : 131-138.
Sheehan,
P.J. 1984. Effects on individuals and populations, p. 23-50. In P.J. Sheehan,
D.R. Miller, G.C. Butler et P. Bourdeau (éds.), Effects of pollutants at the
ecosystem level, Scope 22. John Wiley & Sons Ltd, Toronto.
Trumble,
J.T., Hare, J.D., Musselman, R.C. et McCool, P.M. 1987. Ozone-induced changes in
host-plant suitability : Interactions of Keiferia lycopersicella and
Lycopersicon esculentum. J. Chem. Ecol. 13 : 203-218.
Turgeon,
J.J. et McNeil, J.N. 1983. Modifications in the calling behaviour of Pseudaletia
unipuncta (Lepidoptera: Noctuidae), induced by temperature conditions during
pupal and adult development. Can. Entomol. 115 : 1015-1022.
White,
T.C.R. 1984. The abundance of invertebrate herbivores in relation to the
availability of nitrogen in stressed food plants. Oecologia 63 : 90-105.
Whittaker,
J.B. et Warrington, S. 1990. Effects of atmospheric pollutants on interactions
between insects and their food plants, p. 97-110. In J.J. Burdon et S.R. Leather
(éds.), Pests, pathogens and plant communities. Blackwell Scientific
Publications, Oxford.
Wigley,
T.M.L. et Raper, S.C.B. 1992. Implications for climate and sea level of revised
IPCC emissions scenarios. Nature 357 : 293-300.
|