 |
Visage d'aujourd'hui |
Stéphane Le Tirant
Un expert dont la réputation dépasse nos frontières |
Stéphane Le Tirant est encore peu connu à la SEQ
parce qu’il est discret. Ce nouveau directeur général au sein de notre
CA, qui occupe le poste de conservateur et responsable du laboratoire
d’élevage de l’Insectarium de Montréal, a fait beaucoup pour
l’entomologie ici et ailleurs. Stéphane est…
Un précurseur
Avant même la fondation de l’Insectarium de Montréal en 1990, Stéphane
avait mis sur pied un musée sur les insectes à Québec dans le cadre de
l’événement « Les grands voiliers » en 1984. Il s’agissait des
premiers jalons de ce que serait l’insectarium fondé par Georges
Brossard, son estimé mentor à qui il voue une grande admiration.
Tellement que cet être généreux n’a pas hésité à préparer tous les
documents requis afin que Georges soit décoré de l’Ordre du Canada et
qu’il obtienne, en novembre dernier, un doctorat honorifique de
l’Université du Québec à Trois-Rivières.
Un instigateur
Cet entomologiste original et aux mille idées a été l’instigateur de
l’événement Papillons en liberté présenté depuis maintenant 8 ans dans
l’une des serres du Jardin botanique. L’événement a attiré plus de 500
000 visiteurs à ce jour et est définitivement l’un des succès
entomologiques au Québec. Il figure parmi les plus populaires du
Jardin botanique et de l’Insectarium.
Un ambassadeur
La réputation de Stéphane a rapidement traversé les frontières. Il a
été sollicité pour participer à la création d’insectariums tels le
Newfoundland Insectarium, le Shangaï Insectarium en Chine, le Tai Po
Insectarium à Hong Kong et l’Audubon Insectarium en Nouvelle-Orléans
aux États-Unis.
Ce travailleur infatigable a collaboré aux films ou reportages
suivants à titre de consultant en entomologie ou de conseiller
scientifique : la série Insectia qui présente 26 épisodes et qui a été
vendue dans plus de 130 pays; les films « The lost world » et « Bugs »
(Imax), Bijoux volants et quelques films populaires comme Mystérieuse
Mademoiselle C et La Forteresse suspendue, « Rollerball » et plus
récemment Le Papillon bleu. Un projet de film sur le papillon
ornithoptère Alexandra (nom-mé en l’honneur de la reine Alexandra) a
également été accepté. De plus, Stéphane a écrit un scénario de film
(pour une production Imax) que nous pourrions voir un jour sur écran
géant.
Un collectionneur
Depuis l’âge de 5 ans, Stéphane s’intéresse au monde des insectes. Il
les aime tous mais se passionne pour les scarabées. Son intérêt va
principalement à la taxinomie de même qu’à tous les aspects de la
conservation des collections et de la sauvegarde du patrimoine
entomologique. Il a d’ailleurs suivi toutes les formations de la
Société des musées québécois, celles du « Canadian Conservation
Institute » et d’autres en Europe et en Asie.
Ce collaborateur hors pair et très recherché travaille étroitement
avec de nombreux taxinomistes dans le monde et en particulier avec le
« team scarabs » de l’Université du Nebraska. Il possède lui-même une
collection de recherche de plusieurs dizaines de milliers de scarabées
et travaille activement à la révision de plusieurs groupes et
descriptions de nouvelles espèces ou sur leur distribution
géographique. Des insectes portent d’ailleurs son nom : Cyclocephala
letiranti, Xylophanes letiranti, Cyphonistes letiranti et quelques
autres.
Stéphane est aussi un passionné de l’entomologie culturelle et possède
au moins 500 objets de toutes sortes qui ont comme thème les insectes
: des timbres, des pièces de monnaie, etc. Il possède de nombreux
ouvrages sur le sujet ainsi qu’une impressionnante quantité de tirés à
part. Il n’hésite pas à les prêter pour des musées de différents pays
et des expositions diverses.
Un vulgarisateur
Pour ce passionné des insectes, la muséologie est de toute première
importance. L’éducation et la vulgarisation demeurent une constante
priorité pour sensibiliser les gens à l’importance des insectes. Pour
ce faire, Stéphane a développé une expertise en design et en
conception de présentation de collections d’objets ou de collections
vivantes et naturalisées. Avec plusieurs firmes de design telles que «
Lord Cultural » ou Design+ Communications, il a été appelé à
travailler sur différents projets : le Royal Tyrrel Museum, le Memphis
Natural History Museum, la serre tropicale de Montpellier, Micropolis,
etc.
Vous vous doutez bien qu’une personne qui s’investit autant et est
reconnue de par le monde est récompensée à un moment ou un autre. En
2000, lors du congrès conjoint SEQ-SEC-ESA tenu à Montréal, Stéphane a
reçu le prix « Criddle Award » de la Société canadienne d’entomologie.
Il a également été honoré à plusieurs reprises et a reçu des
certificats de membre fondateur de l’Insectarium de Montréal, du
Biodôme, du Newfoundland Insectarium et du Zoo de Shanghaï. Il est
aussi devenu gouverneur pour son implication à l’hôpital Enfant-Jésus
de Québec et ambassadeur du Palais des congrès de Montréal. Il a aussi
œuvré pour la fondation Naomie Bronstein et fut membre du CA de la
société des Amis de l’Insectarium pendant de nombreuses années.
Si vous rencontrez Stéphane, n’hésitez pas à entamer la conversation
avec lui. Vous serez surpris par sa simplicité, son humilité et sa
grande générosité! Sans aucun doute, en apprendrez-vous plus que vous
ne pensiez.
Daniel Gingras,
Agent de recherche pour l’Institut
national de santé publique du Québec
Stéphane Le Tirant,
un collaborateur au savoir imposant
Travailler avec Stéphane le Tirant c’est comme entrer dans la caverne
d’AliBaba, vous découvrez des trésors fabuleux dans tous les recoins…
Autant spécialiste de la gestion des collections naturalisées que de
l’élevage des insectes vivants, Stéphane est le personnage central de
tous les projets de l’Insectarium de Montréal. Que ce soit
Croque-Insectes, Monarques sans frontières ou la conception des
vivariums pour la prochaine exposition permanente Cités grouillantes
sur les insectes sociaux, Stéphane planifie discrètement le travail de
l’équipe de techniciens en entomologie pour atteindre les résultats
escomptés. Entomologiste reconnu par ses pairs, ce travailleur
infatigable collabore non seulement avec les équipes internes de
programmation et d’animation mais également avec la société des Amis
de l’Insectarium, les différents musées au Québec et à l’étranger ou
les maisons de production de films sur les insectes.
À la fin février 2004, il a coordonné l’organisation du congrès de la
Canadian Butterfly Breeders and Exhibitors Association à l’Insectarium
de Montréal. En même temps, il supervisait la 7e édition de Papillons
en liberté, notre exposition temporaire de papillons vivants organisée
dans la grande serre du Jardin botanique. Correspondre tous les jours
avec les différents fournisseurs de chrysalides à travers le monde
afin de planifier, au moindre coût, les arrivages et les relâchers de
papillons tout en négociant les permis avec les responsables des
différents paliers de gouvernements (Agriculture Canada…), telle est
la prouesse réalisée chaque année lors de cet événement qui, en plus,
se tient pendant la saison hivernale. Un exploit envié par plusieurs
responsables de volières à travers le monde…
Or, Stéphane est un passionné qui ne s’arrête jamais. De retour à la
maison, il travaille à des révisions taxinomiques, en particulier sur
les scarabées, en collaboration avec des chercheurs internationaux.
Pour favoriser les collaborations scientifiques de l’Insectarium, il a
récemment mis en place un programme de chercheur associé afin de créer
un réseau scientifique, multipliant ainsi les échanges et les
publications de recherche en systématique. Dans le cadre de ce projet,
il est impliqué à la révision des sphingidés d’Amérique Centrale et
d’Amérique du Sud.
Travaillant souvent dans l’ombre, ce chef d’orchestre talentueux
préfère de beaucoup les résultats concrets plutôt que les honneurs…,
même s’il a reçu, lors du congrès SEQ-SEC-ESA en l’an 2000, le
prestigieux « Criddle Award » de la Société canadienne d’entomologie
pour son importante contribution en entomologie au Canada. Bravo
Stéphane!
Johanne Landry,
Directrice de l’Insectarium de Montréal
Les insectes : il en mange, en chasse et en collectionne
Stéphane Le Tirant est ce type de naturaliste qui continue de
s’émerveiller devant tout phénomène que la nature lui permet
d’observer. Il voue depuis toujours un intérêt et une admiration sans
borne pour les insectes, notamment pour les Coléoptères scarabées. Mon
premier contact avec Stéphane remonte à la fin des années ’80 au
moment où les objectifs et les plans du futur Insectarium de Montréal
se précisaient. Aussi, j’ai eu le bonheur de le côtoyer dans les tous
premiers moments de ce « Temple destiné aux insectes » comme le dit si
bien Georges Brossard. D’ailleurs, Stéphane a effectué de nombreuses
chasses aux insectes avec le fondateur de l’Insectarium. Toutefois, il
faut percevoir le mot « chasse » dans son sens le plus noble, Stéphane
recherchant notamment les formes immatures de Coléoptères à mettre en
élevage à l’Insectarium pour le grand plaisir des visiteurs et
certainement pour satisfaire sa curiosité. La visite de son
laboratoire d’élevage vaut la peine, surtout lorsqu’on s’assure de ses
explications et des anecdotes issues de ses expériences sur le
terrain.
Stéphane Le Tirant s’intéresse à tous les groupes d’insectes. Par
exemple, il n’hésite pas lors de voyages à établir des contacts avec
divers chercheurs en vue de collaborations éventuelles. De plus, il se
fait un plaisir de communiquer à ses collègues immédiats des
observations faites sur les groupes d’insectes touchant les intérêts
de ces derniers.
Il demeure pour moi l’entomologiste qui actuellement rejoint aussi
bien la recherche sur le développement de certains insectes, en
l’occurrence les Coléoptères sur lesquels il publie, que l’éducation
et l’éveil du grand public au monde fascinant des insectes.
Jean-Pierre Bourassa,
Professeur émérite
Université du Québec à Trois-Rivières
|