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Visage d'aujourd'hui
Michèle Roy
une entomologiste passionnée, audacieuse, énergique…
Saviez-vous que Michèle Roy a été et demeure encore aujourd’hui, la
seule femme à avoir été présidente de la SEQ? En 1991-1992. Les textes
qui suivent vous feront connaître le parcours de cette dynamique
entomologiste. Michèle, je t’ai réservé le meilleur pour la fin!
Daniel
Gingras
La vie
de Michèle : tout sauf un long fleuve tranquille
Si la vie est pour certaines personnes un long fleuve tranquille, ce
n’est certes pas le cas pour Michèle. Je dirais qu’elle est plutôt une
rivière à grand débit. Car le premier mot qui me vient à l’esprit pour
décrire Michèle est sans doute ÉNERGIE. Michèle a besoin que ça bouge.
Je soupçonne même qu’Hydro-Québec l’ait contactée pour ses projets de
mini-centrales électriques!
Quand nous avons commencé à travailler ensemble, elle étudiait pour
obtenir son doctorat, ce qu’elle a réussi avec brio après huit ans de
travail acharné. Mais tout cela en continuant à travailler pour le
ministère, à s’occuper de sa famille, à s’entraîner pour améliorer ses
performances aux marathons, à s’impliquer dans plusieurs comités
(grandes cultures, petits fruits, noms français à la SEC, Commission
biologique du Canada) et j’en passe. Elle est aussi une membre très
active au sein de notre Société. Elle a été trésorière du congrès
conjoint SEQ-SEC en 1998 et faisait partie du comité organisateur
2003. Une rivière a ses cascades et ses tumultes...
Du domaine de la recherche, elle garde encore aujourd’hui un lien très
étroit. Elle est co-directrice d’étudiants-chercheurs et se tient à
jour en assistant aux colloques et aux conférences. Elle affectionne
particulièrement la recherche appliquée qui a une incidence directe
pour le producteur. Cela est sans doute dû à son parcours qui a
toujours été en rapport avec le terrain. Qu’il suffise de mentionner
que son premier emploi a été dans une compagnie en contrôle
parasitaire, avant de débuter au ministère pour le dépistage des
ravageurs dans les vergers, de continuer au labo de diagnostic
quelques années, de transférer à l’IRDA pour faire de la recherche, et
de revenir au labo de diagnostic. Une rivière a ses méandres...
Quand Michèle décide d’aller de l’avant, elle fait des vagues. Elle
prépare avec rigueur ses arguments et les défend avec vivacité. Si
nous sommes aujourd’hui collègues de travail, c’est grâce à ses
démarches auprès du MAPAQ qui m’a recruté et je lui en serai toujours
reconnaissant. Ainsi, dès qu’elle entre dans le labo, son dynamisme
entraîne tout le personnel dans son tourbillon. Elle passe en revue
les dossiers avec efficacité et son grand sens de l’organisation lui
permet d’accomplir rapidement le travail. Ses contacts sont fort
utiles pour demander des avis externes. Je suis aussi bien placé pour
dire comment son expertise est sollicitée et appréciée par tout le
réseau d’avertisseurs car chaque fois que le téléphone sonne dans son
bureau, il sonne aussi dans le labo! Et si des recommandations sont à
prescrire, elle le fait toujours dans l’esprit de la lutte intégrée.
Quiconque a assisté à ses conférences sait que Michèle est une
excellente communicatrice. Ses présentations sont toujours bien
soignées et vivantes. Il y a deux ans, elle a fait plus d’une
vingtaine de conférences en moins de 2 mois. Elle m’avait auparavant
confié qu’elle ne voulait pas en faire beaucoup. Une chance! Mais on
ne change pas le cours d’une rivière...
En terminant, je veux aussi saluer une grande qualité présente chez
elle, c’est sa sincérité. Que ce soit pour les bons coups ou les
différends (eh oui il peut y en avoir à l’occasion), on peut être
assuré que nous aurons l’heure juste avec Michèle. Les bons coups sont
soulignés avec enthousiasme et les différends résolus avec tact et
lucidité. Si ces quelques mots ont réussi à vous convaincre combien il
est stimulant et agréable de naviguer dans la même embarcation et de
faire équipe avec une personne de cette valeur, alors la lecture de ce
texte vous aura mené à bon port.
Mario
Fréchette,
technicien-taxinomiste
au Laboratoire de diagnostic
en phytoprotection du MAPAQ.
Chercheure originale et productive…
J’ai connu Michèle au début des années 1980 alors qu’elle était
étudiante au premier cycle en agronomie à l’Université Laval. Mes
relations avec Michèle ont donc beaucoup été celles du professeur
d’entomologie. Elle se faisait déjà remarquer au baccalauréat comme
étudiante exceptionnelle dans les cours, si bien que nous n’avions pas
hésité, J. McNeil et moi, à lui offrir d’être assistante d’été dans le
labo d’entomologie au département de biologie. En passant, ces emplois
d’été n’étaient pas faciles et pouvaient parfois présenter des risques
comme celui de tomber dans un mauvais trou en étant trop attentif à
trouver des pucerons sur le feuillage du chèvrefeuille…
Michèle était déjà remarquable à l’époque par son intérêt pour les
insectes, son travail méticuleux, son sens élevé de la responsabilité,
sa grande énergie et sa personnalité charmante. Quelques années plus
tard, alors qu’elle occupait déjà un poste de professionnelle
scientifique au MAPAQ, je n’ai pas hésité à accepter qu’elle vienne
faire son doctorat sous ma supervision, en collaboration avec celle de
J. Brodeur. Michèle avait déjà développé par elle-même son expertise
dans le domaine des ravageurs des cultures fruitières, et m’a
rapidement convaincu de la valeur de son projet sur le rôle des
prédateurs, notamment la coccinelle Stethorus punctillum, dans le
contrôle naturel des tétranyques sur framboisier. Son travail
rigoureux et soutenu n’a pas tardé à faire la démonstration que
contrairement à la croyance générale du milieu informé, le principal
tétranyque des framboisières du Québec était celui de McDaniel T.
mcdanieli, plutôt que l’ubiquiste tétranyque à deux points Tetranychus
urticae.
Les travaux scientifiques de Michèle au doctorat ont aussi produit des
résultats importants du point de vue fondamental. Entre autres, elle
est la première à avoir montré l’adaptation aux températures extrêmes
d’un tétranyque par modulation en faveur des femelles du rapport
numérique des sexes, contribution parue dans une excellente revue
scientifique d’écologie. Michèle de par ses fonctions actuelles joue
un rôle clé dans le contrôle des ravageurs au Québec, ce qui ne
l’empêche pas de continuer de s’intéresser à la vie universitaire, en
apportant son expérience scientifique aussi bien que pratique dans nos
groupes de discussion avec les étudiants des cycles supérieurs à
l’Université Laval.
Merci Michèle pour ton excellente contribution à l’entomologie,
Conrad
Cloutier,
Professeur-chercheur
au département de biologie
de l’Université Laval.
Une
femme passionnée qui mord dans la vie!
Michèle Roy s’est infiltrée peu à peu dans mon univers professionnel.
D’abord furtivement et de bon gré, au fil de ces rencontres
scientifiques qui regroupent les entomologistes du Québec. Je ne
pouvais alors ignorer cette jeune femme dynamique et passionnée par
son travail. Fureteuse, au fait des derniers développements, Michèle
participait activement aux débats. Toujours disposée à s’investir dans
les dossiers qui la captivent, elle quittait couramment les réunions
avec une tâche additionnelle à mener à bien.
J’ai eu le plaisir de découvrir et d’apprécier pleinement Michèle
comme co-directeur lorsqu’elle a initié ses études doctorales sous la
direction de Conrad Cloutier. Une détermination à toute épreuve lui a
permis de surmonter tant les épreuves de la vie que les aléas de la
recherche pour atteindre l’objectif et savourer une thèse bien
méritée. La recherche de Michèle sur l’influence de la température sur
les relations prédateurs-proies est excellente, sans conteste l’une
des études les plus rigoureuses, détaillées et concluantes sur ce
thème.
Collaborer avec Michèle est désormais pour moi tout naturel.
J’apprécie sa compagnie, son enthousiasme communicatif et l’équilibre
qu’elle maintient entre ses activités au travail et sa vie privée. Je
respecte ses compétences, son professionnalisme et ce désir que je
sens grandissant de donner un bon coup de main aux jeunes qui débutent
une carrière en phytoprotection.
Jacques Brodeur,
professeur-chercheur
au département de phytologie
de l’Université Laval.
Audacieuse et fonceuse!
J’ai connu Michèle Roy lorsqu’elle était présidente de la SEQ au début
des années 1990. Je trouvais Michèle très audacieuse de présider un
groupe à fortes dominance et influence masculines. Elle s’en tirait
très bien. Depuis ce temps, nous avons maintenu contact, échangé sur
nos vies professionnelles et personnelles et nos rencontres sont
toujours rafraîchissantes. Il y a peu de femmes chercheures en
entomologie au Québec alors Michèle et moi avons beaucoup à échanger
sur ces rôles que nous partageons. De plus, elle et moi avons
poursuivi nos études graduées tout en élevant une famille.
Michèle est une personne engagée avec un important souci du détail. Je
pense à la touche de raffinement apportée aux réunions qu’elle a
co-organisée : réunion conjointe SEQ-SEC à Québec en 1998 et la
réunion de la SEQ à l’automne 2003. Les publications auxquelles elle a
contribué tel le guide des ravageurs de la canneberge (pour en citer
une parmi tant d’autres) sont de qualité et aussi très utiles.
Elle nous épate par sa ténacité et sa vigueur dans sa poursuite de ses
objectifs. À titre d’exemple, je connais peu de personnes assistant
aux présentations de l’ESA (Entomological Society of America) après 22
h 00!! J’ai dû attendre jusqu’à 22 h 30 un soir afin de pouvoir la
rencontrer avant son départ pour Québec tôt le lendemain. Et pour ceux
qui ne le savent pas, elle est à la piscine à 5 h 30 plusieurs fois
par semaine pour nager quelques km avant sa journée de travail.
Son engagement se porte également au niveau de sa communauté. Elle
partage son expérience en entraînement et en compétition sportive avec
des groupes de jeunes de sa localité.
Finalement, ce qu’il faut retenir est que Michèle est une personne
accomplie. Je suis fière de compter parmi ses amis.
Hélène
Chiasson,
chercheure pour Codena.
Michèle Roy : une femme sur qui on peut compter!
À quatre pattes dans un champ de canneberge, en voiture lors d'un
voyage au Massachusetts ou à Ottawa, sur une piste de danse au
Wisconsin, c'est à chacune de ces occasions que j'ai eu le plaisir de
côtoyer Michèle. Les quelques projets auxquels nous avons collaboré
m'ont fait découvrir une personne dynamique et respectueuse avec qui
il fait bon travailler. Les tâches s'exécutent dans la bonne humeur et
avec la rigueur scientifique de l'entomologiste passionnée qu'elle
est. Ce qui donne sans contredit des résultats dont nous pouvons tous
être fiers.
Son implication dans la production de canneberge a permis d'établir
solidement les assises de la lutte intégrée, d’abord par la
caractérisation des espèces d'insectes présents dans cette culture peu
étudiée au Québec et ensuite par la production d'un guide
d'identification utilisé couramment par les producteurs. Michèle,
merci sincèrement pour ta généreuse collaboration et au plaisir de
siroter avec toi un bon café accompagné de biscottis aux canneberges.
À ta santé!
Caroline Turcotte,
agronome,
Éco-conseillère au MAPAQ.
Une entomologiste animée par la vie…
L’entomologie québécoise est choyée de compter dans ses rangs Michèle
Roy. Alliant sa rigueur et sa curiosité intellectuelles à son goût et
son grand potentiel de communication, cette scientifique a su tisser
et maintenir des liens entre les chercheurs en entomologie et les
intervenants en phytoprotection œuvrant auprès des entreprises
agricoles. Ce travail d’équipe qu’elle préconise, lui a permis de
s’épanouir et de s’accomplir dans un champ d’action qui lui convient
plus que parfaitement, le développement et le transfert des
connaissances. Son travail professionnel l’a amenée à chevaucher les
domaines de la recherche et de la vulgarisation, en se concentrant
tour à tour sur les pommiers, les petits fruits et plus récemment les
grandes cultures.
Responsable du Laboratoire de diagnostic en entomologie, elle est aux
premières loges pour identifier les « insectes » qui risquent de
devenir problématiques au Québec. Lorsqu’on a eu l’occasion de la
rencontrer, même si ce n’est qu’une seule fois, on se souvient de
Michèle. Son charisme et sa façon d’exprimer son opinion de manière
claire, directe et quelquefois vive, lui confère une influence
positive et constructive au sein d’une équipe. Cette femme est une
grande passionnée d’une vie active. Pour qui la connaît bien, son goût
pour la course est imprégné dans sa peau… Elle compte d’ailleurs à son
actif quelques marathons dont celui d’Ottawa, de San Diego, de Chicago
et de Boston. Michèle parcourt généralement la distance de 42.2 km en
moins de 3 heures 50.
On sait aujourd’hui que cette énergie ne lui vient pas du café, bien
qu’il a déjà compté parmi ses passions. À cette époque, je crois que
Michèle contribuait à elle seule à défrayer les coûts du party de Noël
de son unité de travail grâce aux profits qu’elle générait par l’achat
de cafés. Devenu plus zen, elle prend davantage soin d’elle. La
musique classique dont Mozart et la lecture sont essentielles à sa
qualité de vie. Ceux qui la côtoient seront d’accord pour dire qu’elle
est quelque peu extravertie et qu’elle affectionne les échanges
verbaux. Ce sont ces traits de caractère qui font d’elle une
excellente «coach» auprès de la relève entomologique pour leur
transmettre sa passion de la science et du merveilleux monde des
arthropodes. Cette passion pour l’entomologie, elle sait l’afficher en
arborant fièrement à ses oreilles, ses doigts ou son poignet son
insecte fétiche, la coccinelle.
Finalement, je ne peux terminer en passant sous silence la grande
détermination de Michèle. Il n’y a pas si longtemps, elle obtenait son
doctorat… en collaboration avec ses trois enfants! Est-ce tout ça qui
lui confère cette apparence de jeunesse éternelle?
Un collègue de travail qui t’admire,
Michel
Lacroix,
agronome-phytopathologiste
au Laboratoire de diagnostic
en phytoprotection du MAPAQ.
Énergique - Énergétique - Énergisante
Je l’ai rencontrée pour la première fois en juin 1994, à la SPPQ (que
voulez vous, les malherbologistes ne fréquentent généralement pas la
SEQ)! Je suis entré dans sa vie… et suis reparti aussitôt pour un exil
de six mois. Six mois au cours desquels nous aurons eu une relation
épistolaire absolument révélatrice. Des tonnes de lettres, sans parler
des courriels quotidiens, une façon bien inusitée de faire
connaissance me direz-vous, mais une façon fort efficace. Ces six mois
m’auront permis d’apprécier toute l’énergie de l’être, sa
détermination et ses qualités. Tellement qu’à mon retour je lui ai
proposé le mariage…
À l’époque, elle élevait ses trois enfants, travaillait à temps plein
au MAPAQ, poursuivait ses études de 3e cycle et, croyez le ou non,
lavait son plancher de cuisine à la main tous les soirs! Elle était
inscrite aux études graduées à temps partiel, une première au
département de biologie de l’Université Laval. Elle avait d’abord dû
convaincre son directeur et co-directeur de recherche, sans parler du
directeur des études gradués et de ses superviseurs au MAPAQ, du bien
fondé de cette entreprise. Ses paroles convaincantes n’étaient pas du
bluff. Elle livra la marchandise en décembre 2001, exactement dans les
délais fixés initialement. Énergique.
Ses passions ne se limitent pas à son travail. Michèle aime la musique
et la lecture (surtout technique – quand on s’intéresse à un sujet
autant en connaître toutes les ficelles). Elle est également une
athlète amateure très sérieuse. Avant tout coureuse de fond, elle est
détentrice de plusieurs médailles de participation (dont celle du
célèbre marathon de Boston), elle s’est aussi mérité quelques podiums
dans des compétitions régionales. Histoire d’utiliser efficacement
toute cette énergie, elle s’adonne tout aussi sérieusement à la
natation et au vélo. Énergétique.
Toute cette énergie pourrait faire peur. Il existe en effet des
personnes qui pourraient être qualifiées de boules d’énergie négative.
Des personnes qui en bout de ligne sont dépendantes de l’énergie des
autres et qui la mine à petit pas. Michèle est tout autrement… Avec
elle c’est plutôt une question de synergie. Son énergie est positive
et contagieuse, elle se traduit en un sentiment mixte qui fait surgir
de l’authenticité, de la persévérance, de la force, du plaisir et de
la joie. Un sentiment qui laisse entrevoir que tout est possible.
Énergisante.
Malgré toute sa détermination et son énergie, je me targue d’avoir
réussi à lui insuffler certains de mes principes de vie. Ainsi, elle
ne lave plus le plancher de la cuisine à la main tous les soirs…
Celui qui partage sa vie,
Claudel Lemieux,
chercheur à Agriculture
et Agroalimentaire Canada
à Sainte-Foy.
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