Antennae Vol. 10, no.3, Automne 2003


Dix ans d’activités grouillantes à l’Insectarium de Montréal
 

Un insectarium à Montréal

En 1990, un grand insecte d’acier et de verre vient se poser dans le Jardin botanique de Montréal. Réalisation du rêve d’un collectionneur passionné, Georges Brossard, l’Insectarium de Montréal se présente comme une institution muséale scientifique tournée vers le grand public. Sa mission est de présenter à la population des collections entomologiques et diffuser les connaissances qui y sont liées tout en amenant ses clientèles à développer des attitudes positives à l'égard des insectes.

Depuis son ouverture, l’Insectarium de Montréal abrite une collection de 160 000 spécimens vivants et naturalisés. Sa muséologie innovante et ses événements spéciaux attirent environ 400 000 visiteurs par année.

Les expositions

L’Insectarium de Montréal, depuis son ouverture, se distingue par sa muséologie innovante qui allie une présentation d’insectes vivants et naturalisés dans un contexte interactif, ludique et parfois humoristique. Le monde des insectes est présenté sous l’angle des sciences, mais aussi des arts et de la culture.

L’exposition permanente de l’Insectarium propose un voyage dans les six zones biogéographiques de la planète. On y découvre comment les insectes se sont adaptés, même aux milieux les plus extrêmes. En 2000, cette exposition s’est enrichie d’un parcours “ entomo-culturel ” avec Les Carnets de voyages de Georges Brossard qui témoignent d’anecdotes et de souvenirs du fondateur de l’Insectarium de Montréal par le biais de divers objets liés à ses aventures. En juin 2004, le musée accueillera une nouvelle exposition permanente intitulée Cités grouillantes. Celle-ci portera sur les espèces d’insectes qui atteignent le degré le plus élevé de vie sociale dans le règne animal, plus spécifiquement les fourmis, les termites et les abeilles.

L’Insectarium de Montréal propose aussi plusieurs expositions itinérantes qui circulent grâce à la collaboration des Amis de l’Insectarium de Montréal. Cinq expositions sont présentées dans diverses régions : Les ornithoptères, des papillons aux ailes d’oiseaux; Magie des insectes; Les Gagnants de la nature; Collections d’hier, mémoire d’aujourd’hui et Les Insectes du Québec en tournée. Celles-ci permettent à un public encore plus élargi de découvrir le monde des insectes, leur utilité et leur beauté.

Les événements spéciaux

Croque-Insectes
Depuis 1993, l’Insectarium de Montréal propose une activité faisant appel au goût, un sens habituellement très peu sollicité dans les musées. L’événement Croque-Insectes permet à des milliers de visiteurs de déguster phasmes, grillons, criquets migrateurs, larves de ténébrions, scorpions et autres insectes. Considérés comme des plats de choix dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, les insectes de Croque-Insectes sont préparés par un chef cuisinier de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec et servis à plus de 15 000 curieux à chaque édition. L’événement a valu à l’institution le prix de la Société des musées québécois (catégorie excellence) en 1998. En 2003, l’Insectarium de Montréal célèbre la dixième édition de cet événement du 6 novembre au 7 décembre, les jeudis et vendredis de 17h à 19h et les samedis et dimanches de 12h à 16h.

L’odyssée des monarques
L’emblème de l’Insectarium de Montréal, le monarque quitte annuellement le Québec pour migrer dans les hautes montagnes du Mexique, ce qui représente un voyage de 4000 km. Depuis 1994, l’Insectarium collabore au programme Monarch Watch, piloté par le département d’entomologie de l’université du Kansas, aux Etats-Unis, et supporté par le Canada, les États-Unis et le Mexique. Ce programme permet d’étiqueter et de relâcher, à chaque mois de septembre, quelques centaines de monarques qui seront observés par d’autres collaborateurs partout en Amérique du Nord. Chaque année, le public est invité à assister à l’envol de ces monarques.

Papillons en liberté
Depuis 1997, l’Insectarium et le Jardin botanique de Montréal s’allient annuellement pour préparer l’exposition Papillons en liberté. Présentée dans la grande serre du Jardin botanique, l’exposition propose plusieurs dizaines d’espèces de papillons du monde entier volant en liberté dans ce grand espace. Cet événement requiert de véritables prouesses techniques. En effet, les magnifiques papillons, dont la plupart sont tropicaux, sont présentés au public en hiver, alors que la température extérieure peut atteindre -25ºC. En 2000, l’Insectarium de Montréal présentait, pour la première fois en Amérique du Nord, des ornithoptères (papillons aux ailes d’oiseaux) vivants. En 2004, l’exposition Papillons en liberté sera présentée du 26 février au 18 avril.

Un insecte emblème pour le Québec-??? Photo Amiral
En 1994, on créé le Comité Insecte Emblème (CIE), qui détermine cinq candidats au titre d’insecte emblème du Québec : l’amiral, le bourdon fébrile, la cicindèle à six points, la coccinelle maculée et la demoiselle bistrée. Quatre ans plus tard, soit en avril 1998, l’Insectarium de Montréal et ses partenaires, dont la Société d’entomologie du Québec, donnent le coup d’envoi à une campagne de sensibilisation ayant pour objectif de choisir un insecte emblème pour le Québec. Durant 6 mois de campagne, appuyée par des outils de promotion, du matériel éducatif et une exposition temporaire intitulée Pourquoi un insecte emblème pour le Québec? , plus de 230 000 Québécois, petits et grands, se sont prononcés afin de déterminer leur insecte emblème. Le 1er novembre 1998, l’amiral est choisi avec 31,8% des voix, juste devant la coccinelle maculée.

Rayonnement

L’Insectarium de Montréal est aussi présent dans le monde scientifique et muséal par le biais de collaborations avec des dizaines d’institutions à travers la planète.

Au niveau scientifique, on note quelques collaborations mémorables dont une avec le Muséum national d’histoire naturelle de Paris qui a abouti à l’identification d’une nouvelle espèce de scarabée (Golofa spatha) qui n’existe que dans les collections entomologiques de Paris et de Montréal.

Au niveau de l’expertise muséale, l’Insectarium de Montréal est sollicité pour la réalisation de nombreux projets d’envergure à travers le monde. Notons par exemple la création du premier insectarium en Chine, à Shangaï, et la création de la volière à papillons du Parc des Adirondacks (É.-U.). De plus, soulignons sa participation à la création des insectariums de Hong Kong (Chine), Taïpeï (Taïwan) et de Terre-Neuve (Canada) et aux volières du Children’s Museum de Minnesota, du Jardin botanique de New York (É.-U.), de Shangaï et de Beijing (Chine).

L’Insectarium de Montréal est aussi présent au niveau des médias. Régulièrement, les entomologistes de l’institution sont appelés à réaliser des entrevues télévisuelles et radiophoniques afin de renseigner la population sur certains phénomènes liés à l’entomologie. De plus, la série télévisée Insectia, inspirée par Georges Brossard, le fondateur de l’Insectarium de Montréal, est diffusée dans 150 pays à travers le monde.

Conclusion

Depuis son ouverture en 1990, l’Insectarium de Montréal a déployé beaucoup d’efforts afin de poursuivre son objectif premier : faire aimer et faire connaître les insectes. Ces efforts sont continus; l’Insectarium est tourné vers l’avenir. Tourné vers l’avenir, l’Insectarium tente de répondre aux attentes de la population en s’associant à divers groupes de la communauté québécoise, que ce soit dans le monde artistique (participation au film de Léa Pool sur l’aventure de Georges Brossard, un jeune garçon malade et le papillon morpho bleu), dans le monde de la santé (partenariat avec l’hôpital Sainte-Justine concernant les insectes piqueurs et avec la Direction de la Santé du Québec relativement au virus du Nil) et dans le monde de l’éducation (avec le projet Jeunes Ambassadeurs). Espérons que l’Insectarium de Montréal prenne encore plus de place dans la communauté en s’alliant à d’autres partenaires dans l’avenir.

 

 

© 2004 - Société d'entomologie du Québec

Dernière mise à jour: 08 févr. 2004